C’t'encore une fois deux mères
Deux femmes dans un bureau, qui doivent travailler. De gros cernes marquent la figure de la première; la seconde porte un veston agrémenté de taches suspectes. Ah, tiens, des taches sur le chemisier de la première aussi, finalement. Et la deuxième est également cernée! Nous avons bien affaire à deux mères.
– Je suis au bord de la crise de nerfs.
– Toi aussi? Pourquoi?
– Fiston a dix mois, et c’est un vrai maniaque du sein.
– Les hommes!
– Ces temps-ci, c’est épouvantable. Il halète comme une bête à mon moindre décolleté. Qu’il ait soif ou non.
– Hm. En autant qu’il dorme la nuit.
– Tu veux rire! La nuit, il veut boire — ou plutôt téter — aux deux heures! J’hallucine com-plè-te-ment.
– C’est vraiment le sein qu’il veut, pas la suce?
– Un boule-O-maniaque avéré.
– Je dis ça comme ça, mais… as-tu déjà pensé à coucher une poupée gonflable avec lui dans son lit? Comme ça, tu sais, s’il se réveille…
– Arf! Heille, tu imagines les manchettes: « C’est ma mère qui m’a offert ma première poupée gonflable. »
– Sérieusement, on sait jamais! Ça pourrait marcher. Le pire qui puisse arriver, c’est que tu entendes un gros PAF! en plein milieu de la nuit.
Hululements de rire de la part des deux mères. C’est maintenant confirmé: elles survivront à cette journée.
***
Un peu plus tard:
Mère indigne — Alors là, je lui ai dit: « Le pire qui puisse arriver, c’est que tu entendes un gros PAF! en plein milieu de la nuit. » Maudit qu’on a ri!
Père indigne — Hum. Fallait être là.
Mère indigne — Comment ça, fallait être là? J’étais sûre que c’était super drôle en soi.
Père indigne — C’est parce que tu ridiculises quand même une icône masculine.
Mère indigne — Une ic– de quoi tu parles?
Père indigne — Les poupées gonflables.
Mère indigne — Ah, ouais. D’accord. Je l’f'rai plus.
Père indigne — Euh, je blaguais.
Mère indigne — Moui, bien sûr.
18 janvier 2007 at 7:47
Je considère qu’il n’y a pas de mal à faire l’éducation sexuelle de son enfant. Et ça commence avec la poupée gonflable… même si au départ, c’est pas pour la sexualité… ça peut toujours servir !
18 janvier 2007 at 7:49
Hum.. j’adore vos histoire totalement ridicules, et je me rend compte de l’enfer que ma mère a due traverser. J’en profite aujourd’hui pour vous raconter une anecdote de mon enfance qui vous soulagera peut-être. Il y a des enfants pire que les vôtres!
Lorsque j’avais 2 ans et d’mi, ma mère enceinte de 8 mois est allée faire les boutiques avec moi dans la pousette. J’étais assez en avance sur mon age, je parlais très clairement et j’avais l’esprit très mal tourné. Je m’amusait innocemment (6) a tirer sur les étiquettes de linge au grand dam de ma mère, qui m’averti plusieurs fois. Perdant patience, elle fit el tour de la pousette pour m’avertir en me regardant face a face, croyant que ce serait plus convainquant. C’est alors que d’une voix très claire et percante j’hurlai : » NON MAMAN! BAT MOI PAAAS !!! ». Phrase qui fut entendue par un troupeau de personnes agées qui passaient par la. Semblerais que 22 ans plus tard elle n’ai pas encore réussi a avoir une honte aussi fulgurante et intense !
Comme quoi les enfants sont capables de tout !
Bonne chance avec vôtre livre !
18 janvier 2007 at 9:04
Et hurlements de rire de la part des lectrices aussi. Mon Dieu! Merci de m’avoir accordé une fille comme premier enfant, ça me permet de me faire la main en attendant « pire »!
18 janvier 2007 at 9:22
De toute façon si la tendance se maintient dans quelques anées c est bien vers cet âge là que les enfants feront leur découverte de la sexualité… Dans mon temps on attendant l’adolescence.. aujourd’hui mon plus vieux ayant 7 ans et demi regarde déjà les courbes des femmes (plus à la tv pour le moment) mais encore là.. me semble que cela va de plus en plus vite… alors soyons avant-gardiste hihihih
18 janvier 2007 at 11:06
Mère Indigne, j’adore ton idée de la poupée. Crois tu que ça peut être utilisé pour un bb-fille?
Avoir lu ce blog avant c’est certain que Fillette en avait une…elle qui têtait comme une déchaînée la nuit à 9 mois!!!
MN
19 janvier 2007 at 12:18
Hum! Il me semblait que j’avais hate d’avoir des enfants, moi…
19 janvier 2007 at 5:21
Z’auriez dû écrire ce billet il y a 1 an mère indigne, c’est trop tard maintenant, même si ca a permi à mon fils de ne pas voir ridiculiser sa mascunilité, mes seins sont foutus…
19 janvier 2007 at 7:09
- Maaaaamaaan… Qu’est-ce que je fais?
- Bien va jouer à la poupée gonflable mon petit chéri. Mais pas trop longtemps parce que ton oncle et ta tante s’en viennent pour souper. N’oublis pas de la remettre au garde-robe ensuite.
Hihihi. Bien hâte de lire ton livre. J’ai déjà fait ma demande pour ma fête! J’ai pas d’enfants mais c’est tellement drôle!
19 janvier 2007 at 7:12
les poupées gonflables j’adore! j’en ai même une, Brigitte…elle habite chez zio peppino…
nina
19 janvier 2007 at 9:03
Vraiment j’adore vous lire!
19 janvier 2007 at 10:10
J’ai déjà vu une mère qui allaitait son petit qui n’était plus si petit que ça : il allait avoir 4 ans. J’en ai été tellement retournée que c’est l’abenir de mes enfants à naître qui en a été potentiellement compromis. Sans farce, je ne pensais pas que c’était possible. Physiquement. Mentalement. Socialement aussi…
19 janvier 2007 at 10:11
J’adore tout simplement l’idée. Je pourrais l’essayer une bonne fois ou je garderez mes pestes de cousins. Me semble de voir la tête des parents en revenant, découvrant la plantureuse poupée gonflable dans la bassinette de bébé!!
19 janvier 2007 at 11:26
Merci Mère indigne…j’étais désespérée d’encore me lever la nuit pour allaiter fiston. J’essaie ton truc et je t’en reparle!
19 janvier 2007 at 12:42
Il sort quand le livre déjà?!?!? On peut prépayer des copies et réserver une autographiée??! Je viens d’accoucher, et deux de tes textes sont venus « garnir » mon blogue (j’ai mis des hyper lien vers chez toi) et faire bien rigoler mon mari!!!
19 janvier 2007 at 1:13
Pété de rire !!!! J’imagine le « PAFFFF » en pleine nuit !!
19 janvier 2007 at 1:18
Est-ce que « Il était une fois deux mères » est égal à « Il était deux fois une mère »?
Mouin, je suis dans les questions existentielles à midi hein?
19 janvier 2007 at 4:20
C’est pas possible de rire à ce point, tu peux rassurer Père indigne, à lire, c’est terrible
19 janvier 2007 at 4:51
Il faut bien en rire, c’est bien vrai qu’on reconnait facilement une mère de famille dans un groupe :
à l’oeil par les cernes
à l’odorat par ce «parfum» de lait caillé
J’avais une collègue qui rentrait au bureau chaque matin avec cette petite odeur distinctive, à cette époque je n’avais pas encore d’enfant et je me disais comment se fait-il qu’elle ne s’en rend pas compte?
Maintenant je sais, elle s’en rendait compte mais elle n’avait pas le temps de se changer une 4e fois avant de partir!
19 janvier 2007 at 5:30
« Maintenant je sais, elle s’en rendait compte mais elle n’avait pas le temps de se changer une 4e fois avant de partir! »
Ça s’est quand tout va bien
19 janvier 2007 at 6:23
Y’a quelque chose dans cette idée….Une poupée gonflable avec le biberon intégré au faux sein…Faut juste se transformer en vache et tirer son lait mais bon après on est tranquille…
Je me souviens avoir aidé ma soeur à tirer son lait…que de crises de fou-rire…..hahahaha. C’était au Mexique avec un tire-lait mécanique hahaha…
Mais bon si on ne veut pas que la poupée agisse comme un sac gonflable de voiture et explose, on l’évite lorsque bébé à des dents….
19 janvier 2007 at 8:16
Tout récemment installé dans la blogosphère, je viens de découvrir votre chez-vous virtuel, Mère Indigne, au hasard du blogpalmarès de l’une de vos fans. Je vois que votre réputation n’était ni volée ni surfaite — et je m’en réjouis.
J’ai adoré votre billet sur la poupée gonflable — il m’a irrésistiblement fait penser au merveilleux, surréaliste et désopilant Chat noir, chat blanc d’Emir Kusturica…
Comme tous vos blocteurs et toutes vos bloctrices, je me suis aussi délecté de vos récents propos sur… l’ennui. Vous l’avouerai-je? Je me suis également senti assez soulagé de voir que je n’étais pas le seul, tout compte fait, à penser que si Dieu était l’ennui, Proust en serait probablement le Christ, et sa Recherche, l’Évangile.
Merci de votre intelligence, de votre humour et de votre humanité, Mère Indigne. Vous faites bien du bien à bien du monde. Je reviendrai!
20 janvier 2007 at 11:41
Je suis tellement heureuse de lire la galere des autres mères, c’est du bonheur de savoir qu’on est tous dans le meme bateau! J’ai des jumeaux de 7 mois, toujours collés à mes seins, et mes nuits sont une vrai partie de « je te tire de mon sein et je te remplace par ton frère » … Je vais tenter la poupée avec un tee shirt à moi ! C’est le papa qui devient fou car il a perdu son tour devant l’insistance de ces frippons !
un jour viendra…une nuit.
J’adore votre site c’est de la detente entre deux siestes!!
20 janvier 2007 at 3:53
Bon, je pose une question comme ça, peut-être idiote, j’en sais rien, je n’ai pas d’enfant… Mais à dix mois, ne devrait-elle pas le sevrer, son fiston ? Ouais, j’imagine qu’il va faire sa crise pendant quelques heures, mais il finira bien par boire à n’importe quelle tétine, non ?
20 janvier 2007 at 5:16
@Rédactrice chauve,
c’est drôlement plus facile de continuer l’allaitement de nuit et tôt le matin que se lever (horreur, une mère est assez fatiguée de même) et chauffer le biberon etc pp. On prime : les bébés allaités sont moins souvent malade. Mais effectivement il y a des maman qui optent pour le sévrage, ça appartient à chacune.
20 janvier 2007 at 8:39
Rédactrive chauve L’OMS recommande l’allaitement maternel jusqu’à 2 ans.
Qu’on décide de sevrer avant c’est à notre choix, mais comme Barb le dit si bien, préparer un biberon c’est pas de tout repos, contrairement à la croyance populaire.
21 janvier 2007 at 12:01
C’est bon d’entendre des mères hululer.
21 janvier 2007 at 1:04
C’est pas mal drôle ce genre d’histoire-là mais on vous regarde comme ça pis on se demande comment vous faites pour arriver avec juste deux. Nous autres les filles en ont au moins six.
21 janvier 2007 at 11:43
Toujours un plaisir de vous lire. Je prends des notes, je prends des notes!