Tadam!

C’est quasiment le printemps puisqu’une nouvelle fleur (à l’odeur un peu suspecte, je l’avoue) vient d’éclore! En effet,  c’est demain que sort en librairie la BD des Chroniques d’une fille indigne, illustrée par Francis Desharnais!

Image 22

À date, les réactions sont très bonnes (à part à la maison où Lalie fait vraiment trop sa fière) et j’ai hâte de connaître les vôtres!

P.S. Si vous allez faire un tour sur le Facebook de Mère indigne, vous pourrez courir la chance de gagner un strip original de la BD en cliquant « J’aime » sous, quelle agréable coïcidence, la photo du strip en question. (Et puis vous verrez aussi qu’il se passe chaque jour quelque chose sur la page Facebook, contrairement au blogue – je sais, tout fout le camp! ;) )

Bonne lecture indigne!

 

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Si les bébés savaient écrire…

L’autre jour, sur la page Facebook de Mère indigne, un petit statut a viré en délire littéraire. En voici un résumé, parce que c’est trop rigolo.

Classiques des bébés

 

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Votre ado et vous: l’espionnage du compte Facebook

ENFIN!, vous dites-vous. Mère indigne s’attaque à un vrai problème social important, à la racine du mal par lequel l’intimidation et les photos d’ados-filles à moue de truite se propagent comme un feu sauvage pendant une partie de tag-barbecue: FACEBOOK!

Mes chers amis, croyez-moi, j’aimerais vous être utile. Mais je dois l’avouer, j’ai honte. J’ai honte parce que 1- je suis l’amie Facebook de Fille aînée mais 2- ça doit bien faire trois mois que je n’ai pas été espionner son profil.

Hé, toi, l’ado qui ne veut pas être ami Facebook avec tes parents de peur qu’ils t’espionnent sans arrêt, il faut bien que quelqu’un te le dise: ton Facebook est plate.

Je suis sérieuse. Il n’y a à peu près aucun profil Facebook de plus plate que celui d’un ado. Pour les besoins de la démonstration, allons espionner le mur Facebook d’un ado typique. Nous y découvrirons ceci:

Aujourd’hui, 10h38: « X a changé sa photo de profil »
Aujourd’hui, 10h32: « X a changé sa photo de couverture »
Aujourd’hui, 9h44: « X a changé sa photo de profil »
Hier, 22h21: « X a changé sa photo de couverture »
Hier, 22h13: « X a changé sa photo de couverture »
Etc, etc.

Les photos en question se résument en général à une succession de fonds d’écran tirés de Dragonball ou autre animé japonais. Poche! Tout le monde sait que l’intérêt d’une photo de profil, c’est qu’on peut la juger en disant que l’ami(e) dont on voit la face a donc ben vieilli/maigri/grossi ou qu’il s’habille mal ou qu’elle se pense bonne, etc. Les images de personnages animés n’ont aucun potentiel pour inspirer de la méchanceté gratuite et sont donc complètement ennuyantes (voir Fig.1).

Image 5Fig. 1: Exemple d’image de profil chère aux ados
et totalement inintéressante

Certes, en tant que parents, on peut préférer ça à de vraies photos, surtout si les photos montrent votre ado-fille en train de se donner une détestable attitude du genre « moue de truite ». Mais que voulez-vous qu’elles fassent, nos ados-filles? Tout le monde sur Facebook se donne une attitude dans sa photo de profil. Pour certains, c’est « fou rire en gang » (message: « j’ai du fun et des amis comme tu n’en auras jamais »). D’autres privilégient l’attitude « contemplation de la bouteille de bière que j’ai ramenée de Suède » (i.e. « je suis un citoyen du monde doublé d’un épicurien redoutable pour qui la bière belge est désespérément ordinaire »). Quelques personnes ne publient que des photos de leurs pieds (« mes orteils sont plus beaux que tes yeux ») ou, parlant d’yeux, d’un seul œil en très gros plan (« je suis tellement lucide que ça me fait mal »). La moue de truite sur la photo de profil de votre ado-fille signifie simplement: « Je ne regarde plus Dora l’exploratrice sauf des fois avec ma petite sœur ».

Parfois, pour briser une monotonie facebookienne qui lui fait sûrement honte à lui-même, l’ado mettra en ligne un vidéoclip de sa chanson préférée du moment. Si on a de la chance, on pourra s’en servir sur notre playlist de course mais, plus souvent qu’autrement, il s’agira soit de pop réchauffée ou de musique alternative inspirée directement de celle des années 90 – que nous avons vécues en direct. Parlant de ça, il se peut aussi très bien que le clip en question en soit un de Michael Jackson avec la légende: « OMMMGG c trop poche kil es plus laaaa ». Heille, l’ado, je suis née en 1971 et MJ m’appartient. Trouve-toi tes propres vedettes mortes.

Mais le plus déstabilisant, c’est de découvrir que le profil Facebook de notre ado est quétaine à mort.

Primo, les ados s’aiment. Leur mur est rempli de « j’t'<333 ostiiii dfoooolllleeeee », « té trop beeeeelllllleee », « Jsuis trop contente de tconnaiiitreee <3″, « moi aussi je tadooorreee », etc., même pas au deuxième degré. Et après ça, ça ose faire des bruits de vomi quand leurs parents se donnent un bisou devant eux.

Deuxio, leur profil est, horreur, rempli d’images bucoliques sur lesquelles sont inscrites des messages ultra-quétaines. Exemple: « Ça prend un milliard de personnes pour faire un monde, mais juste toi pour faire MON monde, BITCH« . Sachez-le, les jeunes: même si vous ajoutez des gros mots, les pensées inspirantes, ça reste culcul pareil.

Et tertio, nos ados font des quiz débiles auxquels nous, leurs parents, avons déjà répondu en 2008 (Quelle princesse de Disney êtes-vous? Êtes-vous plutôt singe ou escargot dans la mythologie lituanienne? Votre caractère s’apparente-t-il plus à la pâte longue, courte ou molle? Etc.). Pour tout vous dire, je soupçonne même Facebook de permettre à certains ados de jouer à Garden of Times avec leurs grands-parents. Décourageant.

Autant se le dire franchement, sur Facebook, la différence est mince entre le profil d’un ado et celui de ma tante Yvonne.

D’où mon conseil de cette semaine: tout parent qui se respecte se doit d’espionner la page Facebook de son enfant. C’est pourquoi vous chargerez votre conjoint de s’occuper de cette tâche somnifère entre toutes. Pendant ce temps, sirotez un gin tonic al fresco en faisant des recherches sur vos ex-chums et/ou blondes du secondaire. Parce que tout le monde sait que Facebook, c’est à ça que ça sert pour vrai.

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Le contraire de reposant

Mère indigne entend Lalie soupirer lourdement devant un cahier.

Mère indigne – C’est quoi, ton devoir, ce soir?

Lalie – Pfffffff. Faut que je trouve des antonymes.

Mère indigne – Ah, alors c’est pas compliqué! Tu sais ce que c’est, un antonyme?

Lalie (méprisante) – OUI. C’est pas ça le problème. C’est quoi le contraire de « comique »?

Mère indigne – Ben… « triste »?

Lalie – Non. Pas d’accord. Le contraire de « triste », c’est « content ». Pour « comique », c’est plusse… « sérieux », genre. Bon, c’est quoi le contraire de « question »?

Mère indigne – « Réponse ».

Lalie – NON. Le contraire de « réponse », c’est « pas savoir quoi répondre ». Moi je dirais que le contraire de « question », c’est plusse… « commentaire ». Ouain, c’est ça, « commentaire ». C’est quoi le contraire de « pratique »?

Mère indigne – « Inutile »… comme mes réponses.

Lalie – Vraiment PAS! Y’a un autre sens, je le sais. Je vais mettre « difficile », tiens.

Mère indigne – Fais donc ça, tant qu’à me demander mon avis.

Lalie – Pis le contraire de « tranquille » c’est…? C’est…?

Mère indigne – « Énervant ». Tsé, ÉNERVANT?

Lalie – BEN LÀ! Comment tu le sais que quelqu’un énerve quelqu’un d’autre? Y sont COMBIEN dans la pièce? De QUI on parle? Y font QUOI? QUI ÉNERVE QUI???

Mère indigne – Si t’aider à faire tes devoirs ça vaut pas deux cubes d’énergie, je vais me plaindre à l’école.

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Votre ado et vous: la métamorphose

Voir notre enfant grandir, c’est un peu comme regarder un film d’horreur. Le titre : La métamorphose. Le scénario : un mini-humain tout rose, affectueux et souriant se transforme du jour au lendemain en énorme créature amorphe et simiesque.

simiesque [simjesk] adj.
Qui a la démarche, l’attitude, le poil, l’odeur et le vocabulaire du singe sauvage déporté de sa jungle profonde et qui se retrouve à présent terré dans votre sous-sol de banlieue.

J’exagère à peine le caractère soudain de la transformation. Du jour au lendemain, les bras et les jambes s’allongent, le dos se courbe, la démarche se fait traînante, le regard se graisse-de-binifie et la voix, maintenant caverneuse, est surtout employée pour marmonner un perpétuel « J’aiiiiii faiiiiiim… ». Mais ça, ce n’est que le début.

Car soudain, mesdames, votre fille a plus de poitrine que vous. Un bon matin, vous lui faites un câlin et, choc nerveux oblige, vous recrachez vos céréales dans ce qu’il faut bien appeler son décolleté naissant. Vous l’accompagnez alors dans l’achat de son premier soutien-gorge et vous vous rendez compte que 1- elle a beaucoup plus de choix que vous n’en aviez à son âge (où un seul modèle hideux était disponible en beige ou blanc) et que 2- elle a beaucoup plus de choix que vous n’en avez aujourd’hui (où soit vous achetez un soutif de sport, soit vous vous réconciliez avec votre danseuse exotique intérieure en vous procurant de la lingerie qui combine parfois maladroitement motifs léopards et dentelle fluo). Vous souffrez en silence en vous raccrochant au fait que bientôt, elle aura ses règles et ça n’est pas son mignon soutien-gorge lavande à étoiles dorées qui la consolera.

Autre chose, et pas des moindres : du jour au lendemain, les ados, il leur pousse du POIL. Pas du mignon petit duvet de caneton, non. Du vrai poil majeur et vacciné qu’ils chercheront à éliminer au gré des modes et autres pressions culturelles. Oui, je sais, on aimerait que nos ados, nos ados-filles surtout, acceptent leur poil et en chérissent chaque brin comme un beau miracle de Mère Nature. Mais comment leur expliquer ça alors que, de un, le poil a disparu de l’imaginaire collectif et, de deux, on est super occupées au téléphone avec l’esthéticienne qui n’a plus de place cette semaine pour notre maillot à la brésilienne?

Bref, avec l’arrivée du poil et de son retrait inévitable, nous découvrirons que rien de ce qui est humain n’est inné. Rincer le rasoir qu’on emprunte à sa mère pour se raser les jambes, par exemple, est un geste qui, apparemment, n’est pas instinctif. Les parents d’ados mâles savent aussi qu’il n’est pas dans les gènes de nos garçonnets nouvellement hirsutes de nettoyer le lavabo après le rasage de la barbe – et le processus d’apprentissage peut être très long, comme en témoigne parfois le lavabo familial après le passage de Père indigne.

Pendant que j’y pense, profitons donc de cette discussion intime pour adresser un message aux ados : vous qui frôlez la crise d’épilepsie chaque fois qu’on vous surprend tout nus dans la salle de bain, sachez que de notre côté, nous n’avons aucune envie, AUCUNE, de vous voir flambettes avec vos poils crépus, vos grosses poitrines et vos zizis d’adultes. Laissez-nous un peu d’innocence et verrouillez cette fichue porte, bon sang.

Évidemment, il y a aussi l’éternelle question des boutons. Mais ça, les boutons, ça n’est pas vraiment un problème pour nos ados contemporains. En effet, les ados d’aujourd’hui ont grandi avec des machins électroniques et vivent depuis leur naissance dans un monde où les pitons, c’est cool. Qu’ils se trouvent sur leur visage ou sur une console de jeu, c’est pustule blanche, blanche pustule. En fait, la seule différence entre leur face et une Xbox, c’est que quand ils jouent avec leurs propres boutons, ils n’accumulent pas de points.

Bref, aussi horrifique que ce soit, nos ados se transforment, et eux comme nous devons apprendre à vivre avec. Que faire en tant que parent pour bien traverser cette période riche en rebondissements hormonaux, pustuleux, pileux et autres? Facile. Il suffit de désamorcer les situations tendues en faisant preuve d’un humour de bon aloi. Rien de tel, en effet, qu’une petite blague bien tournée pour détendre l’atmosphère et établir une complicité qui durera toute la vie (voir fig. 1).

PITON

Fig. 1 : Mère indigne établissant, par le biais de l’humour,
une complicité qui durera toute la vie.

Croyez-moi, ça fonctionne comme un charme. J’ai essayé ça il y a trois jours et j’attends seulement que Fille aînée daigne enfin ressortir de sa chambre pour poursuivre mon bon travail.

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Votre ado et vous: le défi vestimentaire

C’est bien connu, les ados grandissent. Et à moins de déménager près d’une usine à produits chimiques néfastes à la croissance, on n’y peut pas grand chose. Or, cette extension corporelle a des effets tragiques dans le domaine du vêtement.

Ayant deux filles, je les ai vues grandir dans la terreur de voir un jour ma garde-robe se vider et mes vêtements disparaître entre leurs mains kleptomanes, surtout que pendant toute leur enfance elles n’arrêtaient pas de me demander « Maman, est-ce que je vais pouvoir mettre ta belle robe quand tu seras morte? » Alors je m’attendais au pire.

Or, voilà que Fille aînée me dépasse. Elle s’est levée un matin et mon traditionnel bisou sur le front a atterri sur son menton. Les problèmes sont apparus instantanément. Premièrement, ses vêtements et les miens ayant grosso modo la même taille (même si j’ai un peu plus de « grosso » et elle de « modo »), quand c’est le tour de Père indigne de ranger les vêtements, il se trompe systématiquement. Ça n’est pas de la mauvaise volonté, juste un effet secondaire de son statut d’unique homme de la maison qui sait qu’on ne risque pas de mélanger ses caleçons à lui avec ceux des autres membres de la cellule familiale (par esprit de contradiction, je porte ses bobettes une fois de temps en temps). Bref, avec sa méthode de rangement approximative, s’habiller le matin devient une grande partie de chasse au trésor à laquelle absolument personne n’a envie de jouer. Mais ça n’est pas tout.

Anticipant le chapardage, j’ai immédiatement fait poser un gros cadenas sur la porte accordéon de ma garde-robe. En vain!

Par « en vain », je ne veux pas dire que Fille aînée y a accédé quand même, non. Je veux dire qu’elle n’a même pas essayé. C’est alors que j’ai réalisé quelque chose: mon ado s’habille pas mal mieux que moi quand j’étais ado (mais ça, c’est normal, j’étais ado en 1985) et elle s’habille peut-être même mieux que moi en ce moment. Oui, je les ai vus, dans ses tiroirs, ces t-shirts cool et ces chemisiers classiques et de bon goût qui sont totalement absents de mes propres affaires. Et pour tout vous dire, des fois, je la trouve même un peu en retard sur son hypersexualisation; quelques petits tops à bretelles spaghetti, ça serait pratique quand je veux aller à un cinq à sept et que je n’ai rien à me mettre.

Bref, mon conseil pour les parents d’ados qui ont trop bon goût en matière de vêtements: SOYEZ FINS RENARDS (voir fig. 1).

Compliments

Fig. 1: Mère indigne, juste avant de réaliser qu’il lui aurait fallu être davantage fine renarde

En plus de bien s’habiller, Fille aînée a de très bons instincts en matière de droit pénal. En invoquant la légitime défense, elle a réussi à me faire payer pour son cadenas à elle.

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Si ça ne sentait pas un peu mauvais, ça ne serait pas un vrai poisson d’avril

Lundi, 1er avril, jour de poisson et de congé scolaire. Une délégation familiale entre dans la chambre de Fille Aînée.

Mère indigne – Chérie! Réveille-toi! Il est sept heures, tu vas manquer l’autobus!

Fille Aînée – Grmlmfgh… Ben lààààà! On est en congé!

Lalie – POISSON D’AVRIL!

Mère indigne – Ouain, poisson. Il est midi et quart.

Fille Aînée – Pis?

Mère indigne – Il faut que tu te lèves pour ne pas te coucher trop tard ce soir. Ton père et moi on a prévu FAIRE L’AMOUR.

Fille Aînée – Vous êtes dégueulasses.

Père indigne (anxieux, à son épouse) – Ça, c’est PAS un poisson d’avril, hein chérie?

Lalie – Ben oui Papa! C’est sûr que c’est un poisson d’avril! Nicolas à l’école y m’a dit que ceux qui font le sexe, y se lichent le ventre. (rire hystérique) Maman et toi, vous ferez jamais ça. Hein, vous ferez JAMAIS ça?

Mère indigne – Calme-toi, chérie. On fera JAMAIS ça.

Père indigne – Quoique.

Fille Aînée et Lalie – OUACHE!

Mère indigne – Fiez-vous sur moi les filles, votre père vient de faire un poisson d’avril.

Lalie – Heille tout le monde! Ce que je vais vous dire, là, c’est vrai. C’est pas un poisson d’avril, OK? C’est vraiment VRAI. J’ai pété.

Fille Aînée – Sortez tous de ma chambre. Immédiatement.

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Quand même, hein? Il faut l’avouer: le premier avril, c’est tellement plus chouette en famille.

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Votre ado et vous: C’est la fête!

Chez les ados, il n’y a pas que le squelette qui grandisse. En effet, plus leurs bras et leurs jambes s’allongent, plus leur côté blasé se manifeste aussi, même lors des plus belles occasions de célébration. Et on a beau continuer à leur parler comme à des bébés, il devient de plus en plus difficile de susciter chez nos protos-adultes l’esprit de fête commun aux tout-petits à qui l’on propose de la crème glacée et aux shih tzus à qui on propose, euh, rien – ils sont toujours en fête, ces imbéciles de chiens. (J’en ai un, j’ai le droit.)

L’une des raisons de ce blasonnement (le mot existe, utilisons-le même s’il ne veut pas dire la bonne affaire) tient évidemment au fait qu’ils nous en veulent de leur avoir menti au sujet de leurs idoles, le Père Noël, la Fée des dents et le Lapin de Pâques. Moi, ça me soulage plutôt de savoir qu’aucun homme avec un fétichisme de cheminée ne s’introduit chez moi par effraction, qu’aucun insecte volant d’apparence humaine ne collectionne mes os et que mes œufs de Pâques n’ont pas été tripotés par un lapin aux pattes pleines de germes. Mais nos enfants font preuve d’un sentimentalisme déplorable à ce sujet et ils nous le font payer plus tard en envoyant des textos pleins de fautes et en simulant l’épilepsie sur le Harlem Shake. (Oui, les jeunes, vos parents aussi ont honte de vous, parfois.)

Comment, dès lors, faire participer nos ados à ces occasions qui doivent être fêtées en famille sous peine de se faire juger par les voisins? Facile. Il suffit de les impliquer dans la célébration avec amour, ouverture et diplomatie. Pour Noël, par exemple, j’ai délégué à Fille aînée le soin d’emballer les cadeaux de Lalie et de décorer le sapin de Noël pendant que je critiquais sa méthode en ricanant, un gin tonic à la main. C’est aussi mon ado qui a transmis à sa petite sœur la belle légende du Père Noël. Quoi de mieux que voir les étoiles s’allumer dans le regard d’un bambin pour contrer le cynisme chez ceux qui ont grandi? En plus, quand viendra le temps de dire à Lalie que le Père Noël, c’est de la foutaise, c’est Fille aînée qui passera pour la grosse méchante, pour une fois.

Pas plus tard que ce matin, j’ai décidé d’éveiller Fille aînée aux splendeurs de Pâques. « C’est Pâques dimanche, as-tu hâte? », lui ai-je demandé. Sur un ton enthousiaste, elle m’a répondu que oui. « Tu me NIAISES? », lui ai-je répliqué. « Tu es une ADOLESCENTE! Tu n’es pas supposée avoir HÂTE! Tu es ANORMALE! » Suite de quoi, elle s’est enfermée dans sa chambre. Mon travail de parent aimant, ouvert et diplomate pouvait commencer. J’ai été frapper à sa porte et lui ai valeureusement tendu une perche pascale qu’elle ne pouvait pas ignorer (voir Fig. 1).

 paques

Fig. 1: Mère indigne impliquant son ado dans la célébration avec amour, ouverture et diplomatie

Rabat-joie comme d’habitude, Père indigne pense que quand viendra dimanche, contrairement à Jésus, notre fille va rester dans sa chambre. Eh bien moi, je lui réponds: « Ouain, tu as peut-être raison. »

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Considérations pouilleuses

C’était il y a quelques années et pourtant, la tête me pique encore comme si c’était hier.

Père indigne venait tout juste de recevoir par la poste un microscope à prise USB, un genre de crayon avec une lentille au bout, qui se branche sur l’ordi et qui permet d’observer des trucs en mille fois plus gros directement sur notre écran. Un soir, au retour du travail, il s’amusait à examiner du matériel éminemment scientifique avec son nouveau microscope, comme ses poils d’oreilles, ses papilles gustatives et ses rognures d’ongles, sans parler des parois intérieures de son nez.

C’est à ce moment-là qu’un petit machin noir est tombé sur la feuille de devoirs de Lalie.

Ça bougeait.

J’ai fait 2+2 avec le papier que nous avait envoyé l’école et où il était écrit:

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Pas de doute, c’était un pou. Sans doute la faute de Lili-Béatrice à qui Lalie avait l’habitude de faire des câlins complètement disproportionnés alors qu’elle ne savait même pas quel était son nom de famille. J’ai hurlé.

Père indigne, lui, a bondi de joie. Je pense que je ne l’ai jamais vu aussi heureux ni aussi pressé d’observer un corps nu et frétillant. En tout cas, avec moi, il ne s’est jamais servi d’un microscope. Son examen scientifique nous révéla une créature d’une semi-transparence dégoûtante, avec une petite tête et un énorme ventre, et qui nous adressait indubitablement deux doigts d’honneur bien sentis:

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Quand des poux se présentent chez votre enfant, que faire? Tout d’abord, paniquez. Si, si. Il faut s’habituer tout de suite à ce sentiment de détresse qui ne vous quittera plus pendant un bon moment. Même deux ans plus tard, Lalie ne peut pas me faire un câlin sans que je lui fouille discrètement la tête comme une entomologiste névrosée.

Deuxièmement, précipitez-vous à la pharmacie. Les pamphlets de l’école vous conseilleront deux types de traitements; vous vous rendrez compte qu’il n’y a qu’un de disponible sur les tablettes. C’est tout à fait normal. Les  parents expérimentés ayant fait leurs provisions au mois d’août, il reste seulement le shampooing qui ne fonctionne pas. Vous l’achèterez tout de même, ce qui ne vous empêchera pas de passer, remplie d’un désir inavouable, dans l’allée des clippers en vous disant que c’est bien dommage que la mode ne soit pas aux fillettes chauves. Rebelote dans l’allée des teintures; quel scandale que la décence nous interdise de teindre notre enfant de cinq ans en blond alors que le peroxyde, ça tue sûrement les poux!

On dit que les singes s’épouillent pour renforcer leur esprit de clan. Ce sont ces mêmes poux qui nous prouvent hors de tout doute que Darwin avait tort: l’homme ne descend pas du singe. Chez l’homme, les pouilleux deviennent des parias dans leur propre famille. Vous assénerez à votre enfant plein de poux son premier grand traumatisme émotionnel: « NON! N’approche pas ta tête du divan/de mon lit/du chien/du lit du chien/de PERSONNE! Tu ne dois toucher à RIEN, comprends-tu? À RIEN! Sinon, on va être obligés de mettre le FEU À LA MAISON et ça sera TA FAUTE! » Ainsi sermonné, votre rejeton sera prêt à rester bien sagement assis sur une chaise pendant quatre heures chaque soir, deux semaines durant, le temps que vous examiniez (sans l’enthousiasme simiesque) ses cheveux un à un pour tenter d’y débusquer toutes les créatures de cauchemar qui y prospèrent.

Information cruciale #1: les lentes collent aux cheveux et se rient du peigne à poux, qui ne vaut rien. Soyons écologiques et sauvons ces milliers d’arbres en plastique sacrifiés pour la confection d’un objet obscènement inutile.

Information cruciale #2: je suis désolée d’avoir à le dire publiquement, mesdames, mais la traque des poux, c’est vous qui allez devoir vous en occuper. Dans ce domaine, les stéréotypes hommes/femmes, c’est la réalité. Pédiculosement parlant, l’homme voit le portrait global. Et le portrait global n’inclut pas les bestioles de 500 micromètres qui gambadent dans la tête de leurs héritiers. Nous, les femmes, on s’attarde aux détails. On les voit, les salauds de poux avec leurs œufs. On les détecte et on les isole et on les pince et on les arrache et on les jette avec mépris dans une tasse profonde où notre mari (qui deux minutes auparavant nous jurait qu’il ne voyait « rien du tout » sur la tête à l’examen) ira plonger allègrement son stupide microscope. Nous, mesdames, encore fidèles à notre nature, nous multitaskerons: nous enlèverons les poux et les lentes tout en murmurant à l’adresse de notre soi-disant « douce moitié » des insultes viles et sans doute réprouvées par la morale.

Cela vous paraîtra impossible mais ça demeure vrai: un jour, vous viendrez à bout du parasite. Cependant, ne vous faites pas d’illusions. Il suffira d’un câlin parascolaire pour que les poux reviennent vous faire le mauvais doigt.

Dernière chose au sujet des singes. Ils s’épouillent pour renforcer l’esprit de clan, mais personne ne dit pourquoi ils mangent les poux qu’ils enlèvent de la tête de leurs congénères. Moi, je le sais. Ça n’est pas pour les protéines ou pour satisfaire une compulsion malsaine de type « dégustation de crotte de nez ». C’est parce que lorsqu’ils les mangent, les poux s’en vont directement agoniser dans l’acide gastrique et ne pourront jamais en revenir. JAMAIS! AHAHAHAHAHAHAHAHAHAHAHAH!

Hum.

On n’est peut-être pas de la même famille mais c’est quand même malin, un singe.

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Votre ado et vous: apprendre à faire confiance

L’autre jour, j’ai essayé de faire confiance à un tabouret. Je me suis assise dessus et j’ai commencé à lui avouer des trucs. Comme le fait que j’ai commis deux vols dans ma vie: une fois à huit ans (j’avais volé une efface à un ami) et l’autre fois à douze ans (j’avais volé une efface à un ami – ben quoi, je fais preuve de cohérence, c’est tout). Je lui ai aussi confié que je n’en pouvais plus de me faire donner des indications routières par Père indigne même quand on va juste au dépanneur. Et puisque nous avions abordé le tabou automobile, je lui ai finalement raconté la fois vraiment cliché où, au volant de ma voiture, j’ai fouillé dans mon nez à une lumière rouge.

Le tabouret ne m’a jamais répondu.

Impossible de savoir ce qu’il pensait, et impossible aussi de lui soutirer la moindre confidence. Monsieur vivait sa vie de tabouret dans un silence total, et pour ce que j’en savais, ça n’était peut-être pas une très bonne idée de mettre la sécurité de mon derrière entre ses mains. Mais malgré tout, j’ai persisté à lui faire confiance.

Pour nos ados, c’est exactement la même chose. On a beau s’asseoir dessus, ils ne se confient pas spontanément à nous. Et ça n’est pas parce que nous, les parents, nous ne sommes pas ouverts! Au contraire, nous ne demandons rien d’autre que de jaser tout bonnement avec nos proto-adultes afin d’opérer les rapprochements indispensables à l’établissement d’une confiance mutuelle enrichissante, genre-style-comme.

Tiens, pas plus tard que l’autre jour, j’ai posé une question toute en ouverture à Fille aînée: « Dis donc, ce Carl-Robert dans ta classe, il est donc bien grand pour un secondaire deux! Es-tu sûre que ça n’est pas un proxénète? » Eh bien, elle a refusé de me répondre. Une autre fois, après qu’elle soit rentrée d’une soi-disant fête d’anniversaire, je lui ai demandé un compte-rendu minute par minute de sa soirée (simple curiosité amicale). Ensuite, je lui ai fait vider ses poches devant moi (c’est plus pratique pour la lessive, c’est tout) et j’ai vérifié qu’elle arrivait à marcher droit sur une rangée de tuiles de la cuisine (pas pour tester sa sobriété, franchement; juste pour s’amuser). La tête qu’elle m’a faite! On aurait cru que j’essayais de lui faire passer un polygraphe, un test d’urine et des prises de sang en lui insérant à son insu un GPS sous-cutané; je ne suis pas folle, je garde ça pour son bal des finissants. Et puis d’abord, si je voulais contrôler ses moindres mouvements, je n’aurais qu’à la suivre partout. Je suis une adulte, j’ai le droit.

Mais je ne le fais pas. Que non! Parce que même quand on n’a pas toutes les informations, il faut apprendre à faire confiance à son ado. Premièrement, s’il nous cache quelque chose, c’est temporaire – à neuf mois, la grossesse va commencer à paraître, c’est obligé. Et deuxièmement, les secrets, c’est une simple loi de la nature. Comme Darwin l’a bien expliqué dans la théorie de l’évolution, si on savait tout sur notre ado, on ne pourrait probablement plus se concentrer sur rien, d’où l’incompétence, d’où la mise à pied, d’où la dépression, d’où la faillite et pour finir d’où la mort.

D’où mon conseil de cette semaine: MÊME DANS LE DOUTE, FAITES CONFIANCE (voir fig. 1).

Confiance

Fig. 1: Contre vents et marées, Mère indigne fait confiance.

Vous remarquerez que parfois, mieux vaut faire confiance avant d’avoir toutes les informations. On a l’air moins fou.

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